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et qu'après avoir induit de la pratique les principes d'une équitation rationnelle, j'ai, plus qu'aucun homme peut-être, eu l'occasion de faire la contre-épreuve, en appliquant aux chevaux que je soumettais au dressage les règles géné-

me demander si je voulais monter son cheval, qui s'emballait. Je m'empressai d'acquiescer à son désir. Ce cheval, assez commun, lourd, d'encolure molle et possédant une tête énorme qu'il portait très bas, était assez difficile à arrêter. Il emmenait son cavalier par son poids qui, se trouvant entièrement sur les épaules, se trouvait trop lourd pour les bras les plus forts, alors même qu'il ne s'emportait pas.

Je n'eus qu'à lui relever la tête et l'encolure, ce qui est l'A B C du métier, pour modifier tout cela, et, au bout de quinze jours, je chargeais à la tête de l'escadron en m'arrêtant sec au commandement. Ce brave commandant trouva cela tout simplement merveilleux et me fit une grande réputation parmi ses collègues, qui s'empressèrent de me donner des chevaux à dresser.

Pendant les mois de juillet, août et une partie de septembre, je montais, tous les jours, sans exception, seize chevaux. Je montais de quatre heures du matin jusqu'à huit heures du soir, sans m'arrêter pour déjeuner. Je prenais seulement quelques croissants que je grignotais dans la matinée, et, vers midi, je buvais un verre de sirop à l'eau. Je gagnais ainsi quatre-vingts francs par jour, soit cinq francs par cheval. Je prenais ces chevaux dans la cour de l'École militaire, pour les monter au Champ de Mars. C'était au moment où se formait le 13e corps d'armée sous le commandement du général Vinoy. Tous les chevaux qui pouvaient servir avaient été pris par les officiers des autres corps. Il ne restait, dans les dépôts, que le rebut, dont personne n'avait voulu, et ce sont ces chevaux, rétifs ou coquins, que je montais pendant seize heures par jour.

A cette époque, les chevaux difficiles m'étaient indifférents, et j'aurais pu dire comme les roughriders australiens : We can

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